• ÉLÉMENTS | Chapitre 6

    Le chapitre 6. Le début est , le résumé juste dessous :

    Sam, une adolescente, fait tous les soirs des cauchemars où deux espèces de nymphes lui demandent de l'aide. Un jour une des nymphes du cauchemar vient chez elle, lui révélant qu'elle s'appelle Eau et qu'elle fait partie des quatre éléments. Air, sa sœur, est gravement malade à cause de la pollution humaine. Elle risque de mourir, et le monde avec elle. Eau demande de l'aide à Sam, en lui disant que seul Feu, leur frère, connaît le remède pour guérir Air. Sam décide donc de se rendre dans la Terre de Feu, grâce à un Elemil, un médaillon qui permet de voyager entre les terres des éléments et qui contient un aller retour. Pour pouvoir y aller, elle annonce à ses parents un voyage scolaire en Angleterre. Après que le médaillon se soit mit à chanter pour lui donner des instructions, Sam se rend en Terre de Feu. Après quelques difficultés pour trouver la cachette de Feu, elle réussit à s'introduire là où il se trouve...

         Une lumière inattendue éclairait la grotte. Un foyer se tenait au centre de la pièce, comme on pourrait l'appeler. En effet, on se serait presque cru dans un logis normal, mis à part la chaleur atroce qui régnait. Deux fauteuils entouraient les flammes. Sur celui de droite, un homme. Grand, baraqué, ses cheveux étaient roux, ses traits durs et froids. Dans ses mains, un livre. Je n'aurais jamais cru qu'un homme de cet acabit puisse avoir la lecture parmi ses passe-temps. Enfin, ce n'était pas la première surprise de ces derniers jours… Je commençais à m'habituer de voir autant de fantaisie et de bizarrerie dans ma vie. Lorsque je pénétrai dans cette sorte de salon, l'homme me toisa de son regard de glace. On aurait pu croire que Feu, dans la logique du nom qu'il portait, eut été un être chaleureux, plein de bonté et d'hospitalisme. Au contraire, le premier mot qu'il m'adressa fut sec, direct et sans moyen de désobéissance : « Dehors. » Rien d'autre. Il n'avait pas haussé la voix. A l'inverse, il avait presque murmuré, ne changeant en rien son calme olympien. Pourtant, son ton dur, sévère, me contraint sous la peur à reculer de deux pas. Mais j'étais trop près du but pour m'en éloigner aussi facilement. Je pris la parole, tentant de le flatter pour m'attirer ses faveurs :

         « Pardonnez cette intrusion, monsieur. Je n'étais pas au courant que cette anfractuosité abritait un être de votre importance, je ne vous aurais autrement pas dérangé. » Feu haussa légèrement les sourcils. « Anfractuosité ? » répéta-t-il, l'air faussement vexé.

         Aïe. Raté. Il fallait que je choisisse soigneusement mes mots si je ne voulais pas qu'ils se retournent contre moi. Décidément, j'étais bien plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral. De toute façon, cette personne était, je le devinais d'avance, bien trop habile à discerner la vérité pour moi. Je choisis donc la franchise.

         « Bon, laissez tomber. Je ne me leurre pas du tout sur le fait que vous ne croyez pas un mot de ce que je dis. Et vous avez raison. Donc, reprenons tout à zéro. Je m'appelle Sam, j'ai quatorze ans et besoin de votre aide.

    -Je m'en doutais.»

        Rien de plus. Même pas une question, ou une remarque. Quatre mots, c'était tout. Je voyais à son petit sourire en coin qu'il le faisait pour m'agacer et m'impatienter, afin que je m'énerve pour qu'il puisse en apprendre plus sur mes vraies intentions. Non seulement il percevait les mensonges, mais de plus il ne parlait presque pas, de telle sorte qu'on ne fasse pas de même pour lui. Ça n'allait pas être une mince affaire. Je soupirai. Puisqu'il voulait jouer à ce jeu-là, très bien. « Air. », dis-je. Il haussa une nouvelle fois les sourcils. Je soutenus son regard, d'un air que je voulais démonstratif de ma détermination. Un duel visuel s'ensuivit alors. Feu semblait vouloir dire : « Je ne compte pas dire un mot de plus, alors tu as intérêt à être patiente. » Fâcheusement pour lui, je pensais la même chose. Deux minutes, puis trois, se succédèrent sans qu'un seul d'entre nous ne cille. Tout cela se passait dans le silence ; nous étions tous deux calmes et résolus, ce qui n'écourta pas la chose. Au bout d'un moment, Feu secoua la tête, vaincu, et brisa le silence :

         « Oui, Air. Et alors ? »

         Je soupirai de nouveau, déçue. J'avais espéré mieux. Mais bon, sûrement ne valait-il mieux pas passer son temps à espérer avec Feu, ou on risquait d'attendre fort longtemps.

         « Vous savez bien de quoi je veux parler, et même mieux que moi. Maintenant, êtes-vous décidé à m'aider, ou non ? Je n'ai pas de temps à perdre avec des créatures à demi humanoïdes et complexées dans votre genre, moi ! »

        Mes paroles produisirent l'effet escompté. Mais trop. Feu se fâcha. Rouge. Ses yeux rouges s'illuminèrent, une flamme dansante à l'intérieur. Ses poings se serrèrent. Il valait mieux ne pas se trouver sur son chemin. Or, j'étais juste devant lui… Soudain, tout redevint normal. Ses yeux retrouvèrent leur brun habituel, ses poings se relâchèrent. Il s'était calmé avec une rapidité surprenante. Il prononça alors la plus longue phrase que j'ai jamais entendu de sa bouche :

         « Très bien. Je suis peut être pour toi une ''créature à demi humanoïde et complexée'', mais sache que je me fiche littéralement de ce tu penses de moi. Ensuite, je ne veux pas t'aider. Qu'est-ce que ça m'apporterait ?» 

         J'étais tellement sidérée par ses propos que je gardai la bouche bée pendant quelques secondes sans que je m'en aperçoive. Emportée par mon élan, je lui criai :

         « Ce que ça vous apporte ?! Vous vous fichez de moi, là ? Non, sérieusement ? Qu'est-ce que ça vous apporte ? Je ne sais pas, la santé de votre sœur, par exemple ! Et peut être aussi que ça vous éviterait la fin du monde, la mort de vos autres sœurs par la même occasion ! »

         Au moment où je prononçai mes mots, à ma grande surprise, son visage s'illumina d'un sourire cruel.

         « La mort de mes sœurs… Ma parole, tu as raison ! Je tuerai Air, pour faire taire sa vanité, elle qui se croit le pilier du monde ! »

         Moi, stupéfaite, je le regardai parler sans mot dire, les yeux révulsés de terreur. Lui m'avait oublié, et continuait à énoncer son plan sans se soucier de ma présence.

         « Je me vengerai enfin des humiliations que Terre m'a fait subir… Et je détruirai Eau, la seule capable de maîtriser ma force. J'aurais besoin d'aide… Je prendrai des humains à mon service, pour qu'ils m'aident à... »

         C'est alors qu'il se souvint de moi. Les yeux remplis de haine, il me jeta dehors, à travers le rideau de lave. Je tombai à la renverse, et m'évanouis.

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